Guide pratique
Solibail : l'intermédiation locative qui loge les ménages et sécurise les propriétaires
Un ménage modeste qui sort d'hébergement et ne trouve rien sur le marché. Un propriétaire qui hésite à louer par peur des impayés. Solibail répond aux deux à la fois : une association agréée par l'État loue le logement au propriétaire, le paie chaque mois et y loge une famille qu'elle accompagne vers un logement durable. Voici comment ce dispositif d'intermédiation locative fonctionne en Île-de-France, côté ménage comme côté bailleur.
Mis à jour le 13 juillet 2026
L'essentiel en 30 secondes
- Solibail est un dispositif d'intermédiation locative piloté par l'État en Île-de-France via la DRIHL : une association agréée loue un logement privé au propriétaire, puis y loge un ménage modeste qu'elle accompagne (DRIHL, consulté en juillet 2026).
- Côté ménage, on ne candidate pas directement : l'orientation passe par un travailleur social, qui saisit une évaluation sociale dans la plateforme SI-SIAO avec la préconisation « Solibail » (SIAO Paris, consulté en juillet 2026).
- L'occupation est temporaire : 18 mois, renouvelables 18 mois sous conditions, avec un accompagnement vers un logement définitif, le plus souvent dans le parc social (SIAO Paris, consulté en juillet 2026).
- Côté propriétaire : loyer et charges garantis, gestion et entretien courant assurés par l'association, remise en état en cas de dégradation, bail de 3 ans minimum (DRIHL et ministère chargé du Logement, consultés en juillet 2026).
- Un avantage fiscal peut s'y ajouter via Loc'Avantages : en intermédiation locative, la réduction d'impôt atteindrait 20 à 65 % des loyers bruts, sous conditions (Service-public.fr, fiche vérifiée en mars 2026).
- À Paris intra-muros, Solibail ne s'applique pas : le dispositif équivalent s'appelle « Louez solidaire et sans risque » et il est piloté par la Ville de Paris (Ville de Paris, consulté en juillet 2026).
Solibail, comment ça marche
Le principe de l'intermédiation locative tient en une phrase : un tiers social s'intercale entre le bailleur et l'occupant pour sécuriser les deux. Dans la formule Solibail, dite de location et sous-location, le propriétaire signe un bail avec une association conventionnée par la préfecture de région. C'est l'association qui est locataire en titre : elle verse le loyer et les charges, assure l'entretien courant et reste l'unique interlocuteur du propriétaire (DRIHL et ministère chargé du Logement, consultés en juillet 2026).
L'association loge dans l'appartement un ménage aux revenus modestes, jusque-là hébergé de façon précaire (hôtel, centre d'hébergement d'urgence), et l'accompagne pendant toute l'occupation. L'objectif est le rebond : préparer l'accès à un logement pérenne. Les résultats sont documentés : en 2016, 1 018 ménages sont sortis de Solibail et 90 % ont ensuite accédé à un logement pérenne (ministère chargé du Logement).
Solibail couvre l'Île-de-France, hors Paris intra-muros. Des dispositifs équivalents existent dans les autres régions, et Paris a le sien, « Louez solidaire et sans risque », détaillé plus bas (ministère chargé du Logement, consulté en juillet 2026).
Ménages : qui est logé, et comment entrer dans le dispositif
Solibail s'adresse aux ménages qui sortent d'un hébergement précaire et dont les ressources ne permettent pas d'accéder au marché classique. À Paris, le SIAO précise que le dispositif vise les familles et les couples, sans condition minimale de ressources dès lors que le ménage dispose du « reste-pour-vivre » minimum requis (SIAO Paris, consulté en juillet 2026).
Il n'y a pas de dossier à déposer soi-même : l'entrée passe obligatoirement par un travailleur social (CCAS, service social de secteur, structure d'hébergement, association agréée). C'est lui qui saisit votre évaluation sociale dans la plateforme SI-SIAO avec la préconisation « Solibail » : c'est cette saisie qui oriente votre ménage vers le dispositif (SIAO Paris, consulté en juillet 2026). Le rôle exact de ce service est expliqué dans notre guide SIAO et 115.
Une fois logé, le ménage n'est pas locataire du propriétaire : il est occupant, lié à l'association par une convention d'occupation. Il verse à l'association une redevance, et l'État verse à l'association le complément (SIAO Paris, consulté en juillet 2026).
Combien de temps reste-t-on dans un logement Solibail ?
L'occupation est temporaire par construction : la convention d'occupation est conclue pour 18 mois, renouvelable 18 mois sous conditions, et la durée moyenne de présence constatée est de 18 mois (SIAO Paris, consulté en juillet 2026).
Ces mois servent à préparer la sortie : l'association accompagne le ménage dans sa recherche d'un logement définitif dans le parc social (SIAO Paris). Réflexe indispensable : déposez ou renouvelez votre demande de logement social dès l'entrée dans les lieux, car l'ancienneté de la demande compte. Pour repérer les communes où le parc est le plus développé, consultez nos chiffres du logement social commune par commune.
Au moment de l'entrée dans le logement définitif, le Fonds de solidarité logement peut financer le dépôt de garantie et le premier loyer.
Propriétaires : ce que Solibail garantit, et ce qu'on attend de vous
Le logement attendu : un appartement libre, non meublé, du T2 au T5, conforme aux normes d'habitabilité, situé en Île-de-France hors Paris. Le loyer est fixé par référence aux prix du marché, puis plafonné : c'est le prix de la sécurité (DRIHL, consulté en juillet 2026).
Pour proposer un logement, la DRIHL centralise les contacts au 0 810 90 18 85 (Numéro Azur, prix d'un appel local) et à l'adresse [email protected] (DRIHL, consulté en juillet 2026). Le détail du dispositif est publié sur la page Solibail de la DRIHL.
- Paiement garanti : la garantie du paiement des loyers et des charges est au cœur du dispositif, l'association locataire versant le loyer chaque mois (ministère chargé du Logement, consulté en juillet 2026).
- Gestion déléguée : signature du bail, état des lieux, gestion locative courante et suivi social du ménage ; l'association est votre unique interlocuteur (DRIHL, consulté en juillet 2026).
- Remise en état : l'association réalise l'état des lieux avec le propriétaire et prend en charge la remise en état du logement en cas de dégradation (DRIHL et ministère chargé du Logement, consultés en juillet 2026).
- Engagement : un bail de 3 ans minimum avec l'association conventionnée (DRIHL, consulté en juillet 2026).
L'avantage fiscal Loc'Avantages, à vérifier avant de signer
Solibail n'emporte aucun avantage fiscal automatique. En revanche, un propriétaire qui loue via l'intermédiation locative pourrait le cumuler avec le dispositif Loc'Avantages, à condition de signer une convention avec l'Anah et de respecter des plafonds de loyers et de ressources (fiche F34115 de Service-public.fr, vérifiée en mars 2026).
Selon cette même fiche, la réduction d'impôt serait de 20 % (niveau Loc1), 40 % (Loc2) ou 65 % (Loc3) des loyers bruts lorsque le logement est loué en intermédiation locative, contre 15 % et 35 % sans elle, le niveau Loc3 étant réservé à l'intermédiation. En contrepartie, le loyer serait plafonné de 15 % à 45 % sous les loyers du marché selon le niveau choisi, et la location aux membres de votre foyer fiscal, à vos ascendants ou descendants serait exclue. La demande de convention devrait être déposée avant le 31 décembre 2027 sur monprojet.anah.gouv.fr.
Les règles fiscales évoluent régulièrement : vérifiez la fiche à jour et faites valider votre situation précise avant de vous engager.
Louer solidaire à Paris
Paris intra-muros n'est pas couvert par Solibail : la Ville y pilote son propre dispositif d'intermédiation locative, « Louez solidaire et sans risque ». Le principe est le même. Vous confiez votre logement à un organisme agréé, pour 3 ou 6 ans, qui garantit le paiement du loyer et des charges, la gestion et l'accompagnement de l'occupant, et la remise en état des dégradations à la restitution (Ville de Paris, consulté en juillet 2026).
Le dispositif loge des familles qui sortent d'un hébergement à l'hôtel, des jeunes issus de l'aide sociale à l'enfance et des réfugiés. Le logement doit être situé à Paris et offrir une surface d'au moins 14 m². Depuis 2007, plus de 3 700 ménages ont été accueillis, et le parc compte environ 1 200 logements (Ville de Paris, consulté en juillet 2026). L'association SOLIHA Grand Paris gère le programme pour la Ville : renseignements au 0 800 50 05 45, numéro gratuit, ou sur paris.fr.
Un repère pour le bailleur parisien : une location classique reste soumise aux plafonds de l'encadrement des loyers à Paris. La réduction d'impôt Loc'Avantages, de 20 à 65 % selon la Ville de Paris, peut compenser une partie de la décote de loyer consentie en louant solidaire ; la Ville la conditionne à un engagement de 6 ans.
| Critère | Solibail | Louez solidaire et sans risque |
|---|---|---|
| Territoire | Île-de-France, hors Paris | Paris uniquement |
| Pilote | État (DRIHL Île-de-France) | Ville de Paris |
| Engagement du propriétaire | Bail de 3 ans minimum avec une association conventionnée | 3 ou 6 ans avec un organisme agréé |
| Logement attendu | Appartement vide, du T2 au T5, aux normes d'habitabilité | À Paris, 14 m² minimum, aux normes de décence |
| Contact | 0 810 90 18 85 (appel local) · DRIHL | 0 800 50 05 45 (gratuit) · paris.fr |
Les limites à connaître avant de s'engager
- Pour le propriétaire, le loyer est plafonné sous les prix du marché (DRIHL, consulté en juillet 2026) : Solibail est un arbitrage, de la rentabilité contre la sécurité et l'utilité sociale.
- L'engagement est long : 3 ans minimum côté Solibail, 3 ou 6 ans côté Louez solidaire. Le dispositif ne convient pas à un bien que vous comptez vendre ou récupérer à court terme.
- Pour le ménage, Solibail n'est pas un logement définitif : 18 mois renouvelables, dans une logique de transition vers le parc social (SIAO Paris, consulté en juillet 2026).
- Les studios ne sont pas repris par Solibail, qui commence au T2 (DRIHL) : le dispositif s'adresse, selon le SIAO Paris, exclusivement aux familles et aux couples. Personne isolée, orientez-vous plutôt vers la demande de logement social et les résidences sociales.
- L'avantage fiscal n'a rien d'automatique : sans convention Anah signée dans les règles, pas de réduction d'impôt. Sur les sujets fiscaux, faites vérifier votre cas précis.
Questions fréquentes
C'est quoi un logement Solibail ?
C'est un logement du parc privé loué par son propriétaire à une association agréée par l'État, qui y loge un ménage modeste sortant d'un hébergement précaire. L'association paie le loyer au propriétaire, accompagne le ménage et sert d'intermédiaire entre les deux : c'est le principe de l'intermédiation locative.
Comment faire une demande de logement Solibail ?
Il n'existe pas de candidature directe. L'entrée passe par un travailleur social (CCAS, service social de secteur, structure d'hébergement, association agréée) qui saisit votre évaluation sociale dans la plateforme SI-SIAO avec la préconisation « Solibail ». C'est cette saisie qui oriente votre ménage vers le dispositif.
Quelle est la durée d'un Solibail ?
Deux durées coexistent. Côté ménage, la convention d'occupation est conclue pour 18 mois, renouvelable 18 mois sous conditions, avec une présence moyenne de 18 mois. Côté propriétaire, le bail signé avec l'association court sur 3 ans minimum.
Quels sont les inconvénients du Solibail ?
Pour le propriétaire : un loyer plafonné, inférieur aux prix du marché, et un engagement de 3 ans minimum. Pour le ménage : un logement temporaire, qui ne remplace pas la demande de logement social. En échange, chacun gagne en sécurité : loyer garanti d'un côté, logement décent et accompagnement de l'autre.
Solibail est-il un logement social ?
Non. Le logement reste privé : il appartient à un bailleur particulier, et le ménage n'est pas locataire HLM mais occupant accompagné par une association. Solibail sert justement de passerelle vers le logement social : la demande de logement social doit être déposée et maintenue en parallèle.
Quel est le montant du loyer dans un logement Solibail ?
Côté propriétaire, le loyer est fixé par référence aux prix du marché puis plafonné. Côté ménage, la participation prend la forme d'une redevance versée à l'association, l'État versant à celle-ci le complément.
Sources officielles
À lire aussi : Demande de logement social en Île-de-France : le guide complet Logement intermédiaire : le chaînon manquant entre HLM et marché libre Recours DALO : le droit au logement opposable, mode d'emploi
Parcours liés : Logement social & situations spécifiques